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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 08:32

Pour faire court, je ne reviendrai pas sur les différentes étapes qui ont abouti à la création du Grand Autunois Morvan, regroupant 43 communes et au total près de 35.000 habitants. Mais tout de même, quel parcours ! Et qui aurait dit, il y a encore quelques années, je devrais dire il y a un peu plus d’un an, que nous pourrions aboutir à une construction aussi forte qui nous permettra de défendre nos chances au niveau national et régional : première communauté de communes de Bourgogne, juste derrière les communautés urbaines et les communautés d’agglomérations, quatrième intercommunalité de Saône-et-Loire, nous nous sommes donné des moyens pour réussir, malgré la conjoncture économique qui n’est pas des plus favorables et la tempête qui s’annonce concernant les finances de nos collectivités territoriales.

 

 

Disant que nous nous sommes donné ces moyens de réussite, je souligne la mobilisation de tous les acteurs de l’Autunois, du Mesvrin, du Morvan, de l’Epinacois, d’une partie du Couchois, pour faire aboutir ce projet. Merci à chacun d’entre vous. Je ne veux pas ici passer sous silence naturellement le rôle qu’a eu le Pays et que doit continuer d’avoir le Pays pour préfigurer notre intercommunalité de demain ; le rôle aussi qu’a eu l’Etat, même s’il a fallu bien souvent convaincre. Je m’arrêterai là pour notre passé récent mais que chacun d’entre vous en soit remercié.

 

 

Je voudrais rappeler quelques grands objectifs et projets pour le mandat qui s’ouvre :

 

D’abord, installer notre communauté de communes et les différents pôles de services aux habitants qui la composent. Avant d’envisager quoi que ce soit, il faut que nous soyons en mesure de servir au mieux les habitants de notre territoire et de répondre au mieux à leurs aspirations.

 

 

Veiller à l’équilibre entre urbains et ruraux, faire en sorte que ni les uns ni les autres ne se sentent oubliés ou floués. C’est la force de la construction que nous mettons en œuvre, la ville limitant son poids dans les décisions prises à un tiers des sièges et donc des voix, le rural travaillant en confiance et en lien étroit avec la ville-centre. Il faut que chacun puisse y retrouver ses petits. C’est pour cela qu’il faut veiller à bien maintenir entre nous la démocratie interne. D’abord se rappeler que, comme l’indique son nom, l’intercommunalité repose sur les communes, le nouveau mode de scrutin n’a d’ailleurs pas coupé le lien entre communes et intercommunalité. Il l’a même, d’une certaine façon, renforcé aux yeux de nos concitoyens : on vote sur une même liste, au moment des élections municipales, pour les Conseillers Municipaux et pour les Conseillers Communautaires qui procèdent de la même logique communale. C’est pour cela, n’en déplaise à certains, que je considère que les communes et les maires sont le socle, l’assise de notre intercommunalité. Aussi, je vous proposerai deux Conseils des Maires annuels pour faire le point sur le fonctionnement de notre institution et proposer des orientations.

 

 Je vous proposerai également d’ouvrir nos Bureaux à l’ensemble des Maires qui souhaiteraient y participer et d’élargir nos commissions de travail à des Conseillers Municipaux particulièrement qualifiés dans leur secteur d’intervention. J’ai pu vous paraître hésitant sur cette question, parce qu’à notre taille, à notre échelle, un Bureau ouvert aux collègues Maires peut porter chaque réunion de Bureau jusqu’à 53 participants. C’est beaucoup et, légitimement, on peut se demander si c’est efficace. Mais il serait encore moins efficace de ne pas entraîner dans le souffle de l’intercommunalité un certain nombre de collègues qui se sentiraient exclus ou en dehors. L’efficacité, c’est de ne laisser personne avoir le sentiment qu’il est au bord du chemin et de passer à côté d’énergies utiles. Aussi, je vous propose de privilégier la démocratie interne à d’autres logiques et je nous fais confiance collectivement pour organiser le travail en commun et viser à l’efficacité en travaillant tous ensemble.

 

 

Continuer la marche en avant de notre intercommunalité, moins sur les compétences, même s’il reste encore des progrès à faire, que sur l’accroissement territorial, en visant à terme, comme l’a affirmé le nouveau Premier Ministre, la logique du bassin de vie, et nous fixer des objectifs plus ambitieux sur la mutualisation des services entre nos communes. Sur ce dernier point, nous pouvons faire sans doute beaucoup mieux pour être encore plus efficaces au service de nos habitants et au moindre coût. C’est une nouvelle étape que je vous propose de construire ensemble.

 

 

Naturellement, nous devons nous fixer des objectifs de gestion : maîtriser les dépenses de fonctionnement, optimiser les recettes, notamment dans le cadre des contractualisations nouvelles qui s’ouvrent avec l’Europe, l’Etat et la Région et qui nous mobiliseront dans les semaines qui viennent. Maîtriser la dette et la fiscalité, sujet particulièrement sensible au moment où nous devons harmoniser l’approche sur l’ensemble de notre territoire. Veiller à maintenir notre capacité d’autofinancement à un bon niveau pour nous permettre de continuer à investir pour nos communes et pour nos habitants. Sur ce mandat, je pense notamment au secteur de la petite enfance dans le Mesvrin, à la mise aux normes de tout un ensemble d’équipements sur Epinac et l’Epinacois, à la bibliothèque-médiathèque dans l’hôtel de ville d’Autun, en co-financement avec la Ville, au développement dans le Morvan du tourisme et des équipements liés aux activités de pleine nature, à la rénovation de nos zones d’activités économiques et au développement des filières, à l’arrivée et à la généralisation du Très Haut Débit, à la nouvelle Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat que nous devons conduire le plus rapidement possible, ou encore aux projets extrêmement importants pour l’ensemble de notre territoire concernant la filière agricole, je veux parler ici de l’abattoir, de son lien avec le secteur de la formation, mais aussi des circuits courts et de l’avenir des zonages.


Nous devons continuer à nous battre au quotidien pour le maintien des services publics de proximité dans nos communes et, plus largement, pour le maintien des services au public, notamment en matière de santé, au profit de nos habitants. Notre réseau d’écoles ou encore l’ensemble de nos services qui visent au maintien à domicile de nos aînés sont deux fers de lance de notre conception d’une intercommunalité au service des communes et de leurs habitants, qui apporte les mêmes chances à chacun, qui diffuse le développement territorial. Notre modèle est à l’opposé de ce que nous voyons sur d’autres territoires, où la ville-centre se renforce au détriment des autres communes qui, petit à petit, en périphérie, deviennent des communes-dortoirs. Ce modèle, hélas si souvent répandu, est l’exact contraire de ce que nous avons fait et de ce que nous voulons faire en Autunois Morvan.

 

 

Je n’ai voulu citer ici que quelques projets et objectifs. Vous en verrez sans doute d’autres, mais ceux-ci occuperont largement le mandat qui s’ouvre. Notre situation financière, et notamment les excédents accumulés précédemment, nous permettent d’envisager sereinement la tempête qui s’annonce pour nos collectivités (10 milliards d’euros de dotations en moins sur les trois ans qui viennent). Mais il faudra rester vigilant, savoir échéancer nos investissements, savoir rechercher les financements les plus élevés possibles ; bref, conduire une gestion à la fois prudente et résolue, adaptée aux circonstances et en même temps tournée résolument vers l’investissement et vers l’avenir de notre territoire et de sa population.

 

 

C’est à cette tâche, à la fois exaltante et difficile, que je vous invite, dans un travail en commun où le maître-mot, et j’en terminerai là, doit être la confiance, la confiance réciproque et renouvelée que nous devons entretenir au service de nos communes et de nos administrés. Permettez-moi de rappeler cette formule de Pierre Joxe, que Charles Pasqua, une fois n’est pas coutume, avait reprise avec la verve qu’on lui connaît, « l’intercommunalité, c’est d’abord la confiance mise en commun ».

 

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 Rémy REBEYROTTE

 

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Published by Rémy REBEYROTTE - dans Grand Autunois Morvan
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