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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 14:52

- Dimanche 8 mai 2016 -

 

Discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général,

Président du Grand Autunois-Morvan

___________

 

Mesdames, Messieurs,

 

Félicitations aux récipiendaires.

 

Le 8 mai, de mon point de vue, ne pourra jamais se fondre dans un jour unique du Souvenir, dans un Day-Days à la Française, puisque le sujet est parfois évoqué.

 

Parce qu’il a une triple signification, parce qu’il est une triple victoire, un jour unique jamais rencontré précédemment et unique depuis plus de soixante-dix ans.

 

Une victoire militaire : l’Allemagne nazie écrasée, ses alliés pacifiés.

 

Une première victoire politique : la Victoire sur une idéologie totalitaire, fasciste et meurtrière, le nazisme… et le retour à la Liberté des peuples, dans un premier temps seulement en Occident et en Europe Occidentale.

 

Une seconde victoire politique, celle non pas de la Guerre, mais celle de la Paix car, contrairement au 11 novembre, il n’y eut pas le « remake » du Traité de Versailles : l’échec de la SDN, le maintien d’une Europe fractionnée, mais la compréhension que la Victoire fut contre le nazisme, pas contre l’Allemagne ou l’ensemble des Allemands dont certains – une minorité – furent les premières victimes du Régime nazi, que le fascisme ne fut pas le monopole de l’Allemagne (et n’épargne ni l’Espagne, ni l’Italie, ni la France à travers le Régime de Vichy), que le plan Marshall valait mieux que le Traité de Versailles, la conférence de San-Francisco et l’ONU mieux que le SDN et la Construction Européenne mieux que la Triple Entente.

 

Pensons à nos militaires engagés sur les théâtres d’opérations extérieurs pour les mêmes valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité.

 

Ce matin, je veux saluer tous ceux à qui nous devons d’avoir recouvré la Liberté et nos valeurs d’Hommes libres dans la République. Ce matin, mon Colonel, permettez-moi un salut particulier au Lycée Militaire d’Autun, manière aussi de vous dire notre attachement et notre amitié.

 

Parmi ses « faiseurs de paix », ces combattants pour notre Liberté – comme cela a été rappelé à la Nuit des Musées des AET samedi dernier -, il y a le détachement d’élèves qui, dès le 16 juin 1940, retenez bien cette date, combattent une colonne allemande à Toulon avant de rejoindre l’Ecole repliée à Tulle, sous les ordres du Lion, l’Adjudant-Chef Grangeret.

 

Et ceux qui, le 20 mars 1944, du Camp de Thol dans l’Ain où l’Ecole s’est repliée une dernière fois, rejoignent le maquis de l’Ain, constituent dans l’Ain le Camp d’Autun et une unité FFI nommée « Compagnie des élèves de l’Ecole d’Autun ». Ils participent aux combats de la Libération à Ambérieu, Valbonne, Neuville-sur-Ain.

 

Le 6 juin 1944, ils détruisent cinquante-deux locomotives au dépôt d’Ambérieu, le plus grand sabotage ferroviaire de la Résistance Française en lien avec le débarquement. C’est suite à ces combats que Bernard Gangloff, grièvement blessé, perdit la vie le 14 juillet 1944 à l’âge de dix-huit ans. Quinze enfants de troupe furent tués dans ces combats.

 

En 1985, le nom de Bernard Gangloff fut associé au site du Lyée Militaire d’Autun, symbole de la bravoure et de la devise du LMA, seul établissement scolaire dont le drapeau porte la Médaille de la Résistance avec rosette. Il faut rappeler cela. C’est une part de notre fierté. Nous vous la devons. C’est notre reconnaissance pour ce que représentent le Lycée Militaire d’Autun et ses valeurs, la reconnaissance de l’ensemble des Autunois, qui s’exprime à travers ma voix.

 

Je vous remercie de votre attention.

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 14:50

Dimanche 24 avril 2016

 

 

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Président du Grand Autunois Morvan

____________

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Il y a quelques jours, nous étions toute une délégation, Elus, civils et militaires, beaucoup de jeunes, à Verdun, à Douaumont, à Marbotte, dans le Saillant de Saint-Mihiel, au Bois d’Ailly, pour rendre hommage aux Autunois et Morvandiaux qui, il y a cent ans, ont sacrifié leur vie ou une part d’eux-mêmes pour défendre la France.

 

Près de 3.000 jeunes du 29ème RI, basé à Autun, sont morts ou disparus en Meuse, plus de 5.000 furent blessés. A Fleury, devant Douaumont, à Marbotte, nous avons dévoilé des plaques en leur souvenir, témoignant de la persistance de la Mémoire, de notre reconnaissance et de notre attachement aux valeurs qu’ils défendaient. L’Hommage fut sobre, solennel, vibrant d’émotion, y compris pour les jeunes qui, pour beaucoup, découvraient et comprenaient. Le temps de la pédagogie succède et doit succéder au temps de la mémoire.

 

Verdun fut particulièrement émouvant : bataille terrible ; 300.000 morts en 300 jours, 1.000 morts par jour, 60 millions d’obus dont un million pour le seul premier jour du 20 février 1916…

 

Et puis un profond malaise, notamment à Douaumont : comment ne pas admirer le vainqueur de Verdun, le Maréchal Pétain, dont la mémoire est le sujet évident d’éternelles controverses ? Nous devrions admirer Pétain… seulement voilà… ce n’est pas le 17 juin 1940 qui pose problème : pouvait-il en être autrement après la lourde défaite française du printemps 1940 et de l’exode ? Le 10 juillet 1940 et les pleins pouvoirs interrogent déjà davantage. Mais il y eut surtout le 24 octobre 1940, Montoire et l’engagement volontaire dans la Collaboration, faisant des services publics et des forces françaises des suppôts de la Déportation, des rafles, des Lois anti-juifs, organisant, pour le compte et au côté des miliciens et des nazis, Drancy ou le Veld’hiv, l’arrestation des résistants, des opposants, des homosexuels, des juifs ou des tziganes. 141.000 Français furent déportés, 66.000 pour acte de résistance, 7.500 pour leur origine juive, coupable d’être nés. Là, un profond malaise vous prend et fait de Pétain l’Homme du déshonneur, du déshonneur de la France de ces années-là. Et vous comprenez pourquoi il ne put jamais être enterré à Douaumont au côté de ses Hommes. Il eut été préférable pour lui et pour la France que le régime de Vichy n’existe jamais et que Montoire reste une paisible commune du Loir-et-Cher et ne devienne jamais le pire des symboles, et pas un « détail de l’Histoire » version facho.

 

On nous dit à présent que ces mots n’ont plus cours

Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour

Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire

Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare.

 

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter

L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été,

Je twisterais les mots s’il fallait les twister

Pour qu’un jour nos enfants sachent qui vous étiez.

 

A Douaumont, il y eut aussi en 1984, après le Général de Gaulle et Konrad Adenauer, François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, témoignage de l’Europe des peuples, l’Europe des démocraties contre les dictatures, des Droits de l’Homme contre les fascismes, et l’Europe de la Paix en construction, vainqueur du nazisme, porteur du « plus jamais ça » voulu par ceux qui sont revenus des camps et des marches de la Mort. La mort plus forte que la vie. C’est notre message, nos valeurs, notre devoir.

 

Hommage aux Déportés et aux valeurs qu’ils nous ont transmises.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 17:59

Discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Président du Grand Autunois Morvan

_______

Mesdames, Messieurs,

Hommage au 29ème R.I.

Remerciements au détachement du 511ème Régiment de Train basé à Auxonne qui a permis le retour en terre autunoise pour quelques jours du drapeau du 29ème R.I.

Merci aux organisateurs de ces cérémonies avec un remerciement particulier au Lycée Militaire d’Autun, aux services de la Ville, à la Maîtrise, au Souvenir Français dont le travail ici est très précieux.

Remerciements pour la présence des élèves (Ecole Chancelier Rolin), des lycéens (Lycée Bonaparte), des Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

11 novembre, enfants,

Levez-vous triomphants,

C’est le jour symbolique, auréolé de gloire

où parmi les tombeaux apparut la Victoire.

11 novembre, ami

Sur le champ endormi

que seul le vent du nord caresse

le long de l’ancien front monte un chant d’allégresse.

Cette poésie, dont la devise était « Croire aux actions et non aux paroles » pour nous rappeler le sacrifice (1.400.000 Français morts au combat, dont 1.600 du 29ème R.I., pour la France, autant de blessés, chaque ville, chaque village, chaque famille endeuillée) - hommage aux Poilus - un pays, un continent exsangue (8 millions de morts au total), un Monde à reconstruire sur nos valeurs universelles : Liberté, Egalité, Fraternité.

« Croire aux actions et non aux paroles ».

La symbolique du 11 novembre :

Je veux ici, avec vous, évoquer un fait parfois méconnu qui donne sans doute au 11 novembre toute sa force, sa signification, sa symbolique dans notre Histoire nationale, à l’aune de ce que nous vivons aujourd’hui ou ce que nous pourrions vivre ; un événement qui démontre combien cette date, cette victoire si chèrement acquise, doit marquer les esprits de toutes les générations : 11 novembre : une de ces très rares dates dont on n’a même pas besoin de préciser l’année, qui claque comme un drapeau que l’on doit dresser au toit de la Nation. Je vais vous parler d’une révolte des jeunes, d’une provocation de la jeunesse, d’un des premiers actes de résistance collective et populaire à l’occupant allemand, à Vichy, alors que Pétain venait à Montoire d’ouvrir les vannes de la Collaboration et des lois antisémites et xénophobes. C’était il y a 75 ans, le 11 novembre 1940.

Les jours précédant le 11 novembre 1940, des tracts ont circulé sous le manteau dans les lycées parisiens, ainsi qu'à la Corpo de Droit, dans le Quartier Latin, appelant à manifester le jour de l'Armistice, à 17 heures 30. Le 10, plusieurs journaux parisiens publient un communiqué de la Préfecture de Police. "Les administrations publiques et les entreprises privées travailleront normalement le 11 novembre. Les cérémonies commémoratives n'auront pas lieu. Aucune démonstration publique ne sera tolérée". Des instructions très fermes ont été transmises aux inspecteurs d'académie et aux chefs d'établissements : les cours ne doivent pas être interrompus. Le 11 novembre, quel 11 novembre ?

Le matin du 11, des inspecteurs de police visitent les lycées parisiens, ne constatant rien d'anormal. Mais, à partir de 16 heures, à la sortie des cours, une majorité de jeunes, mais aussi des enseignants, des parents d'élèves, des anciens combattants, commencent à confluer vers les Champs Elysées, vers la tombe du Soldat inconnu. D'abord silencieuse, la manifestation laisse bientôt échapper des acclamations contre les Allemands, contre Vichy, ou faisant référence au Général de Gaulle qui a lancé son appel quelques mois plutôt. Quelques drapeaux tricolores font leur apparition. L'esplanade de l'Arc de Triomphe est noire de monde – plus de 2500 jeunes – lorsqu'à 18 heures, des coups de feu éclatent. Les Allemands en uniforme circulent à bord de voitures militaires sur les trottoirs et sur la chaussée, pour disperser les manifestants. Certains sont blessés, 150 d'entre eux sont arrêtés, incarcérés à la Santé et au Cherche-Midi. Un miracle : pas de morts.

Mais le 11 novembre 1940, à 17 heures 30, un mouvement irrésistible de refus s'est mis en route … et une incompréhension. Comment le vainqueur de Verdun a-t-il pu se renier au point de juger subversif la commémoration du 11 novembre ? Seulement voilà, le vainqueur de Verdun est devenu entre-temps le signataire de Montoire, quelques jours plus tôt, le 24 octobre, ouvrant le chemin du renoncement et du revirement, du naufrage et de la Collaboration entre l'Etat Français et l’Allemagne nazie où l’Hitlérisme était arrivé au pouvoir en 1933, par les urnes, par l’affaissement de la République, celle de Weimar. N’oublions jamais. Et le 11 novembre, symbole de Victoire sur l'Allemagne, mais aussi symbole des valeurs de la République retrouvée et d'abord de la Liberté, prend tout son sens, toute sa force, inacceptable pour le nouvel ordre et ses zélés collaborateurs.

Il y a 75 ans, nous eûmes été ce matin en résistance, des subversifs rassemblés au Monument aux Morts … et Dieu que la Provocation, la révolte des jeunes fut belle le 11 novembre 1940, parce qu'elle portait un idéal, un acte de résistance à l'oppression : un drapeau pour notre République. Elle avait du sens, elle puisait son sens dans le symbole qu’est devenu le 11 novembre aux yeux de bien des peuples, symbole de Liberté, de Fraternité, d'Egalité, d’un souffle de vie, l’espoir de la victoire. Elle portait le message des Poilus de 14-18, le combat de la génération précédente, les sacrifices encore si présents dans les têtes. A notre tour, n'oublions jamais que nos valeurs républicaines sont le fruit d’un combat, d’une révolte, d’un engagement permanent, que ceux qui, publiquement ou en secret, admirent Vichy ou voudraient s’en inspirer combattront toujours. Ne leur ouvrons pas les portes.

Quant aux commémorations du 11 novembre, elles se poursuivront durant toutes les années d’occupation, sur l’ensemble du territoire, spontanées ou organisées, malgré les risques encourus bien réels, autant de gestes de courage et de défis et de lueurs d’espoir.

Dans nos actes, soyons simplement dignes de ce 11 novembre, de ceux qui ont combattu pour ses valeurs, soyons simplement dignes de notre République et donc des valeurs universelles de notre Pays.

Vive l’Europe, vive la République et vive la France !

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 10:25

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général,

Président de la Communauté de Communes

du Grand Autunois Morvan

___________

 

Aujourd’hui, 19 mars, comme elle le fait depuis 1963, la Ville d’Autun commémore le Cessez-le-feu en Algérie et s’inscrit dans la Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement à la Mémoire des Victimes Civiles et Militaires de la Guerre d’Algérie et des Combats en Tunisie et au Maroc.

 

Vous me permettrez à cette occasion de m’incliner à la mémoire des victimes de l’attentat d’hier à Tunis et de condamner une fois de plus le terrorisme, le fondamentalisme et le fascisme qui, en fonction des époques, prennent diverses formes religieuses, païennes ou athées, formes qui ne sont que le véhicule pour leur haine, leurs ambitions, leur fanatisme. Vous me permettrez aussi de renouveler tout notre soutien et notre affection à tous les soldats français aujourd’hui engagés sur tous les terrains pour lutter contre le terrorisme et défendre les valeurs universelles de l’humanisme.

 

Mais attention, la haine est aussi ici.

 

Je m’explique : mon père me disait souvent « quand tu t’interroges sur le comportement de tel ou tel, attends le temps nécessaire et tu auras la réponse, tu comprendras ». Nous y sommes.

 

On nous a dit pendant des années qu’on ne pouvait pas retenir la date du 19 mars, bien qu’elle fut celle du Cessez-le-feu et donc du choix définitif de l’indépendance de l’Algérie et de la fin du conflit, car il y avait eu des morts après, ce qui était pour le moins un argument étonnant. On se doutait bien que cela cachait autre chose : nous commémorons bien le 8 mai la capitulation de l’armée du Reich, bien qu’il n’y ait pas eu d’armistice, qu’il y ait encore eu des morts dans les jours qui ont suivi et que la deuxième guerre mondiale ne s’est arrêtée qu’en septembre 1945. Le 8 mai, ce n’est ni un armistice, ni la fin de la seconde guerre mondiale, mais c’est le jour de la Victoire, le jour où le nazisme a été vaincu.

 

Nous savons désormais, depuis ce qui s’est passé à Béziers, où le Maire, très proche du Front National, soutenu par une partie de la droite dite républicaine, sans doute la droite décomplexée, a débaptisé une rue du 19 mars 1962 (il y a des précédents à cela hélas), mais pour cette fois-ci la rebaptiser du nom d’un des généraux putschistes du fameux putsch des Généraux d’avril 1961. L’amnistie de ces généraux est une chose ; elle n’efface pas la faute et ne les réhabilite pas. Honorer une rue ou une place publique de leur nom en effaçant le 19 mars 1962 en est une autre.

 

En fait, il y a bien deux approches, l’une républicaine, l’autre non :

 

- L’approche gaulliste, celle du discours de Brazzaville, dans lequel le Général de Gaulle reconnaît « la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes » puisque la France elle-même, en janvier 1944, pour échapper à un risque de dominium américain, réaffirmait qu’elle devait disposer d’elle-même. Le Général de Gaulle rappelait qu’on ne peut proposer pour soi-même un principe fondamental de Droit, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, et ne pas le reconnaître pour les autres peuples. C’est le principe même du Droit contre l’arbitraire. Je revendique un droit et une liberté, donc je les respecte pour les autres. Et c’est le discours fondateur de la sortie du colonialisme.

 

- Et puis, il y a la nouvelle droite, ou extrême-droite, décomplexée, qui n’a toujours pas digéré que l’Algérie ne soit plus française, qui considère qu’il y a des peuples supérieurs aux autres. Normal, me direz-vous, puisqu’elle considère aussi qu’il y a des races supérieures aux autres et des hommes supérieurs aux autres et que le Droit doit être celui du plus fort, que l’égalité des droits, fondement de notre République et de notre devise républicaine, n’a pas de raison d’être, et encore moins bien sûr la fraternité.

 

Ce sont deux conceptions de la vie en société, du Droit, du rapport à l’autre, du vivre ensemble, deux conceptions de la France irréductible. Le problème est fondamentalement politique. Pour ma part, je le sais comme beaucoup d’entre vous, je porte et nous portons la devise de notre République « Liberté, Egalité, Fraternité » haut et fort, et nous nous sommes inclinés, il y a quelques minutes, à la fois à la mémoire des 28.000 soldats français qui sont morts dans les combats d’Afrique du Nord, le millier de disparus, les 65.000 blessés, mais aussi nous avons pris part à la douleur du million de personnes déplacées, des rapatriés, des 300.000 orphelins, et des Harkis qui ont eux aussi beaucoup souffert et se sont souvent sentis lâchés et incompris. L’indépendance des peuples d’Afrique du Nord a été hélas à ce prix. Elle fut douloureuse, très douloureuse, elle fut mortelle pour de nombreuses personnes et de nombreuses familles. En nous inclinant ce soir, nous avons rendu hommage à toutes ces victimes, y compris à celles dont le Général Ailleret disait qu’elles furent « des combattants souvent exaltés mais toujours courageux » Respect et honneur à tous ceux qui sont morts pour la France, en Algérie et pour l’Algérie, en Afrique du Nord et pour l’Afrique du Nord il y a un peu plus de cinquante ans.

 

Nos générations n’ont pas à juger, elles ont à respecter l’engagement, le sens du devoir et de la fraternité qui est le vôtre et à vous témoigner non seulement du respect mais aussi de la gratitude et la solidarité de toute la Nation.

 

Vive la République et vive la France.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 07:33

70ème anniversaire de la Libération d’Autun

- Dimanche 7 septembre 2014 –

 

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général

Président du Grand Autunois Morvan

___________

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

 

Nous commémorons le 70ème anniversaire de la libération de notre cité : Autun, Terre de France, Terre d’Amalgame, Terre d’Europe.

 

Pendant cinq jours, nous avons rappelé les faits, le déroulement, l’importance de ce moment. Il est temps de témoigner notre reconnaissance infinie à ceux qui nous ont permis de recouvrer notre Liberté ; au-delà, de rétablir la République et nos valeurs, dans le sillage des Charles de Gaulle, des Jean Moulin, des Généraux Leclerc et de Lattre et de tous ceux, Soldats, Résistants, FFI, FTP ou Maquisards, à qui on doit tant.

 

Remerciements et reconnaissance :

 

  •  

  • au 2ème Dragons et à son chef, le Colonel Demetz, débarqué en Provence ;
  •  

     

  • à la 1ère DFL, plus précisément à Autun, au 1er bataillon de la Légion Etrangère, au 1er Régiment des Fusiliers Marins, au 22ème BMNA ;
  •  

     

  • au fameux et vaillant Corps Franc Pommiès,
  •  

     

  • au Régiment Valmy,
  •  

     

  • à l’ensemble des Maquis locaux : Lucien, Socrate, Marquart, Serge, Maurice.
  •  

 

Reconnaissance, mais aussi devoir de mémoire, transmission aux jeunes générations. Des journées comme celles-ci sont là aussi pour cela. Près de 300 jeunes des collèges et lycées seront destinataires de documents, et le lâcher de ballons, les temps festifs mais aussi pédagogiques, étaient conçus dans ce sens. Mais nous avons conscience qu’il faut faire beaucoup plus. Aujourd’hui, ce n’est pas une fin, mais le début, l’accentuation de ce devoir de mémoire, au moment où la Libération d’Autun quitte l’histoire contemporaine pour rejoindre - le temps fait hélas son office - la grande Histoire, où l’enseignement succède aux témoignages. Le 75ème anniversaire aura en cela un rôle majeur (3/4 de siècle) et nous comptons sur vous, sur vous tous.

 

Reconnaissance, devoir de mémoire et de transmission : c’est insuffisant si nos générations et chacun d’entre nous n’étions pas dignes de l’héritage de ce que vous nous avez confié, de notre Liberté, de la République, de ses couleurs, de ses valeurs, du programme du CNR que l’on retrouve en préambule de notre Constitution, de la construction européenne qui nous permet globalement de vivre en paix sur notre continent, une paix que l’on sent toujours fragile. « Votre génération a non seulement gagné la guerre mais elle a aussi gagné la paix, ce qui est le plus difficile », pour reprendre les mots de Victor Hugo, repris eux-mêmes par Georges Clémenceau. Quoi ? Nous dilapiderions cet héritage si précieux, trahirions votre combat, et cela quelles que soient les difficultés des temps, en donnant le pouvoir et notre Pays, la France, à des nostalgiques de Vichy et du Maréchal Pétain, aux adeptes du « Détail de l’Histoire » quand ils parlent des camps, à ceux qui, au nom de la France, avaient accepté son aliénation, son glissement vers le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, à ceux qui galvaudent ou mangent de l’Europe à tous les repas, fiers d’attiser « les nationalismes et donc les guerres », comme le rappelait François Mitterrand ? Où serait passé le devoir de mémoire ? Et la reconnaissance que nous vous devons serait-elle un lointain passé à oublier ? NON. Les temps sont difficiles, nous nous devons au sursaut, au raffermissement de la République et de ses valeurs. Ici, c’est le travail que portent de nombreux Elus locaux dans leur commune, dans leur intercommunalité, au côté des Préfets et Sous-Préfets successifs. Raffermir notre République, surtout lorsque les temps sont difficiles.

 

Enfin, je voudrais terminer mes propos en citant Paul Cazin et en mettant deux mots en lumière. Paul Cazin, lorsqu’il relatait le 1er anniversaire de la Libération d’Autun :

 

« Le premier anniversaire de notre libération fut la fête de l’Unité française.

Union de toutes les classes sociales et de toutes les catégories d’opinions, groupées dans le respect et l’amour des mêmes saintetés, devant les cénotaphes de nos morts.

Union entre tous les maquis, défilant côte à côte dans une même parade et salués d’un même applaudissement.

Union du peuple de France et de son armée, de l’insurgé et du soldat, des Forces de l’Intérieur et des troupes régulières.

Même l’union du Passé et du Présent, puisque c’était sur les fondements exhumés d’une antique chapelle, perdue au fond des âges et de la terre, qu’allait s’élever le nouveau monument religieux de la Libération, et qu’à côté des jeunes drapeaux, flottait le fanion du 2ème Dragons, merveille de grâce, avec ses broderies d’or sur velours bleu, ses devises latines et son soleil louis-quatorzien. Les époques de notre France se rejoignaient »

.

 

Deux mots : l’Unité, l’Union. Au fond, c’est de cela dont nous avons besoin, conscients que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise, surtout quand l’essentiel est en jeu.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est ce qui a présidé à ces commémorations, tous nos Libérations unis dans nos remerciements et notre reconnaissance, tout le monde combattant, organisateurs et participants, que je remercie, tous unis dans un même élan.

 

L’Union

est la force ; « elle est aussi un combat », comme le rappelait le Général de Gaulle, et déjà un combat sur soi-même.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est le pari réussi de l’Amalgame, de la « grosse affaire d’Autun », comme le rappelait Jean de Lattre de Tassigny auquel nous devons tant. Rhin et Danube, la Première Armée Française, fut l’union de tous les combattants, quelle que soit leur origine.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est la flamme du combattant, la fraternité des armes, la camaraderie quand le froid et l’hiver font rage. L’Union au côté des Soldats d’aujourd’hui engagés au nom de la France sur les nombreux Théâtres d’Opérations Extérieures (TOE), pour les mêmes valeurs que celles de nos Libérateurs.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est l’Europe, l’Europe de la Paix, l’Europe des peuples qui, sans se renier, construisent peu à peu, pas à pas, plus ou moins vite, dans la rigueur des temps, un destin commun pour compter dans le Monde multipolaire d’aujourd’hui.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est à cela que je vous engage, que nous devons nous engager pour que, fort de l’héritage de nos Libérateurs, nous puissions fièrement dire et clamer « Vive la France, vive la République, vive la démocratie et les valeurs républicaines, et vive l’Europe ! ».

 

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 08:23

69ème anniversaire de la Libération d’Autun

- Dimanche 8 septembre 2013 -

 

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général

Président de la Communauté de Communes de l’Autunois

 

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Je veux tout d’abord vous remercier tous pour votre présence et votre implication dans les cérémonies commémorant le 69ème anniversaire de la Libération d’Autun.

 

Permettez-moi ici de citer Paul Cazin, l’auteur de la Bataille d’AUTUN, décédé il y a cinquante ans cette année, qui décrit ainsi le premier anniversaire de notre Libération :

 

« Le premier anniversaire de notre libération fut la fête de l’Unité française.

Union de toutes les classes sociales et de toutes les catégories d’opinions, groupées dans le respect et l’amour des mêmes saintetés, devant les cénotaphes de nos morts.

Union entre tous les maquis, défilant côte à côte dans une même parade et salués d’un même applaudissement.

Union du peuple de France et de son armée, de l’insurgé et du soldat, des Forces de l’Intérieur et des troupes régulières.

Même l’union du Passé et du Présent, puisque c’était sur les fondements exhumés d’une antique chapelle, perdue au fond des âges et de la terre, qu’allait s’élever le nouveau monument religieux de la Libération, et qu’à côté des jeunes drapeaux, flottait le fanion du 2ème Dragons, merveille de grâce, avec ses broderies d’or sur velours bleu, ses devises latines et son soleil louisquatorzien. Les époques de notre France se rejoignaient ».

 

Unité, union :

Vous l’avez compris, c’est cet esprit d’unité et d’union qui doit nous conduire pour préparer le 70ème anniversaire de l’an prochain, qui frappe à nos portes. Pour nos générations, il s’agit et il s’agira de rendre hommage à tous ceux qui ont combattu et sacrifié leur vie ou une part de leur jeunesse à la Liberté de notre pays, à la liberté du Monde, à notre propre liberté ;à l’ensemble des unités et groupes qui, sous l’autorité du Général de Lattre de Tassigny et le commandement du Général Demetz, dont je salue les mémoires, ont libéré notre territoire et écrit ici l’une des plus belles pages, l’une des pages les plus déterminantes de la Libération de notre pays : 2ème Dragons, 1ère DFL dont le 1er Bataillon de Légion Etrangère, les Fusiliers Marins, le 22ème BMNA ; le fameux Corps Franc Pommiès ; les Maquis Valmy des FTP et Maquis du Morvan dans leur diversité ; ou encore ceux des Télots, des Eaux et Forêts, des différents réseaux de résistance et d’approvisionnement de la Résistance.

 

Unité, Union 

N’oublions pas que c’est d’ici que le Général de Lattre conclut l’Amalgame, le regroupement de tous les combattants dans leur diversité pour créer Rhin et Danube, la grande Première Armée, et la conduire jusqu’à Berlin. C’est ici à Autun que se fit la jonction entre la 1ère Armée, débarquée en Provence, et les Premières unités américaines débarquées en Normandie, le 12 septembre 1944 (pensée pour Jean et Lucette Quignon).

 

Union, Unité :

Encore en rappelant ici à notre mémoire Jean Moulin, arrêté, torturé, assassiné il y a eu soixante-dix ans le 8 juillet dernier alors que, sous l’autorité du Général de Gaulle, il s’attelait à unifier les mouvements de Résistance pour mieux coordonner l’action du CNR créé le 27 mai précédent à Paris.

 

L’Union, si elle est un combat (pour reprendre les mots du Général de Gaulle), est toujours la force, le sursaut nécessaire pour l’emporter, pour faire face et vaincre dans l’adversité. Heureux les faiseurs d’unité et d’union !

 

A ces héros, à nos libérateurs, nous rendons hommage aujourd’hui et, construisant dans une recherche d’unité et d’union le 70ème anniversaire de notre Libération dans un an, nous leur rendons déjà hommage : chacun devra trouver sa place, dans le respect de tous, de l’Histoire, du parcours de chacun. A l’image de cette fraternité dans les combats dont vous nous parlez si souvent, cette camaraderie. A tous, notre reconnaissance et notre devoir de mémoire.

 

Permettez-moi, pour conclure, de souhaiter que, dans les événements actuels que traverse notre Monde, et notamment au Proche Orient, nous sachions faire preuve d’unité et d’union, au-delà de nos opinions politiques, autour du Chef de l’Etat et de notre Armée, de plus en plus fréquemment engagée sur des terrains extérieurs sensibles et à laquelle il faut donner les moyens de faire face à ses missions pour la France, pour notre République et pour nos libertés fondamentales. Notre indépendance et la force de notre engagement, si essentiel dans un Monde si complexe, taraudé par les crises, la radicalité, les fondamentalistes et les terrorismes, y compris d’Etat, sont à ce prix.

 

Je vous remercie.

 

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 16:56

« Le message du 8 mai, celui de la victoire sur le nazisme, sur une idéologie de haine, de rejet de l’autre, jusqu’à organiser l’industrie de la mort humaine, ce n’est pas le même que celui du 11 novembre : c’est pour cela que je ne suis pas favorable à la journée unique du souvenir que l’on voudrait nous imposer. Chaque date commémorative a un sens spécifique, une résonnance particulière au regard de l’Histoire. Si nous voulons associer les jeunes générations à ces moments-là, il faut que le sens perdure et que nous évitions les patchworks, les confusions, le mélange des genres, le « prêt-à-penser historique » ».

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:23

Discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général,

Président de la Communauté de Communes de l'Autunois

_____________

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Très exceptionnellement, je vous adresserai ici quelques mots avant de rejoindre Pierre Moscovici et François Hollande à Bercy, à l’invitation de Pierre Moscovici.

 

Ce matin, je me suis recueilli devant le Monument aux Morts de notre Ville, et je me disais que la journée que nous allions vivre serait chargée de symboles forts.

 

Désormais, la famille Corsia se trouve de nouveau rassemblée dans notre souvenir sur la stèle Mécavia puisque Samuel, Georges et Maurice ont leur nom et prénom gravés à côté de ceux de leur père Abraham. Ils sont morts exterminés à Auschwitz en 1944 : ils avaient 23, 19 et 18 ans. Coupables d’être d’origine juive, comme 75.000 Français, dont seulement 2.500 reviendront, marqués à jamais (ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent).

 

Je parle ici devant la stèle en l’honneur de Léon Magnard. Autre famille d’ici, profondément marquée et à laquelle nous devons une reconnaissance infinie pour la perte de Léon et de son fils Jules, tous deux membres du réseau Alliance. Léon est ingénieur des eaux et forêts, organisateur du réseau à Autun. Il mourra sous la torture, sans parler, le 4 novembre 1943. Jules sera déporté et abattu par les Allemands en 1945, juste avant la libération des camps. 66.000 Français seront déportés pour motifs politiques et actes de résistance (ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent). Une pensée ce matin pour un autre grand résistant, Raymond Aubrac, si attaché à notre Saône-et-Loire.

 

Nous leur devons notre reconnaissance, mais mieux encore, nous leur devons d’être dignes de leur courage, de leurs combats. Nous devons exercer notre vigilance.

 

Non, notre génération n’est pas comme les autres : elle sait que cela peut exister ici, au cœur de l’Europe. Elle sait que ce n’est pas un « détail de l’Histoire », mais le cœur même de notre civilisation, de notre République, de notre démocratie, qui est en jeu.

 

160 Autunois ont été déportés, il y a moins d’une vie d’homme, moins de soixante-quinze ans. C’est concret, c’était ici, ce n’est pas seulement dans les livres d’histoire. Et nous savons que le nazisme est arrivé au pouvoir par les urnes, par la voie démocratique, en Allemagne, pays voisin, profitant du terreau de la crise des années 30, des frustrations accumulées. Idéologie de haine, de rejet de l’autre, d’expansionnisme jusqu’à porter l’extermination, l’industrie de la mort humaine, le chaos.

 

Et nous savons aussi qu’en France, Hitler et les nazis ont trouvé des complices, des soutiens, des hommes de main, des collaborateurs zélés, organisant l’ordre nouveau, l’occupation du pays, la déportation, derrière des devises comme Travail, Famille, Patrie. Il s’agissait sans doute de vrai travail, de la vraie famille et de la vraie patrie. Nous savons ce qu’il en était en fait. Nos anciens ont donné, portant le message du « plus jamais ça », et nous sommes reconnaissants à tous ceux qui se sont battus pour que notre pays retrouve l’honneur, la dignité, la liberté, la respectabilité, souhaitant l’organisation de l’Europe d’abord pour éviter les guerres, portant le programme du CNR pour fonder une nouvelle République, nous demandant de rejeter à jamais la bête immonde et ses porteur ou porteuses zélés, nous demandant d’opposer à l’enfermement, au repli, la Liberté, à la théorie du sous-homme l’égalité, à la haine la fraternité. Soyons dignes de leur message. Pour que nous puissions continuer à nous regarder en face dans les yeux, et à dire ensemble « Vive la République et vive la France ».

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:15

Suite à l’article intitulé « Cérémonie du 5 décembre – hommage aux morts pour la France » paru dans l' édition du JSL de ce jour :

 

- DROIT DE REPONSE -

 

Depuis plus de trente ans, concernant la commémoration des combats d’Afrique du Nord,

la Ville d’Autun ne reconnaît qu’une seule date : le Cessez-le-feu du 19 mars 1962.

 

Sous Marcel Lucotte, la Ville d’Autun fut l’une des premières de France à nommer l’une de ses rues « rue du 19 mars 1962 ».

 

Depuis, et sous toutes les Municipalités, nous commémorons avec ferveur le souvenir des combattants de l’ensemble des conflits d’Afrique du Nord le 19 mars de chaque année, au côté de la FNACA et du monde combattant.

 

La date du 5 décembre, qui ne correspond à rien dans l’Histoire, sauf à une disponibilité dans l’agenda du Président de la République de l’époque qui a procédé ce jour à l’inauguration du monument du Quai Branly, n’a pas de sens à nos yeux et introduit une confusion qui n’a pas lieu d’être.

 

Cependant, Monsieur le Préfet de Saône-et-Loire nous demande à cette date de pavoiser les bâtiments communaux, en hommage aux combattants, ce que naturellement nous faisons. Par contre, nous n’organisons pas la cérémonie et donc, même si nous maintenons à côté du Monument aux Morts le mat des couleurs, c’est aux organisateurs de veiller à ce que tout soit mis en œuvre et en place pour la cérémonie en question.

 

La Ville n’empêche rien, n’interdit personne mais n’organise pas et ne concourt pas à l’organisation de cette cérémonie.

 

Je tenais à en rappeler les raisons et à souhaiter que tôt ou tard le 19 mars s’impose comme la seule date officielle, respectant ainsi l’écrasante majorité de ceux qui ont sacrifié leur vie, une part de leur jeunesse, aux guerres et aux combats d’Afrique du Nord.

 

 

 

AUTUN, le 7 décembre 2011

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 14:09

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général

Président de la Communauté de Communes de l’Autunois

____________

 

 

Merci à tous ceux qui concourent à l’organisation de ces cérémonies : Lycée Militaire, Sapeurs-Pompiers, Gendarmerie, Paroisse, Eglise Réformée, Maîtrise, Ecole, services municipaux, etc. ; merci à vous tous.

 

Félicitations aux récipiendaires. Une pensée pour l’ensemble des soldats français engagés sur des T.O.E..

 

La Première Guerre Mondiale a fait 8 millions de morts, 1,4 millions de Français (900 morts par jour de combat), 527 Autunois, 154 enfants de troupe originaires d’Autun. Chaque ville, chaque village, chaque famille ont été endeuillés. L’immense sacrifice de la Nation pour la Nation. Combien de lettres déchirantes des Poilus qui sont autant de linceuls que notre mémoire ne doit pas refermer à jamais.

 

Le 11 novembre, une de ces rares dates connues sans en préciser l’année, porte en lui trois appels :

 

Appel au devoir de mémoire et à la reconnaissance de la Nation pour ses Hommes qui, au prix de leur vie, ont préservé et rétabli la France dans son intégrité et ses valeurs.

 

Appel à dépasser la douleur et à ouvrir un autre horizon que celui de la revanche : on connaît aujourd’hui les suites néfastes et désastreuses du Traité de Versailles et d’une mauvaise gestion de l’après-guerre. « L’Allemagne paiera ». L’Allemagne nazie se vengera, renforcée par la crise des années 20 puis 30.

 

Appel à l’Europe : que de critiques aujourd’hui adressées à l’Europe ! Pourtant, elle est d’abord l’Europe de la Paix. La construction européenne est une des rares novations qui nous distingue aujourd’hui de la situation des années 30. La crise est terrible, la faillite possible, mais l’Union Européenne repose sur la Démocratie et oblige à la solidarité. Pourtant, elle n’a qu’un peu plus de cinquante ans, cette construction européenne, c’est une nouveauté pour l’Histoire, une nouveauté majeure pour notre Continent. Ne voyons pas le petit bout de la lorgnette, mais la réalité en face. Faisons surtout que cette Europe continue à se construire, à nous défendre, à nous protéger, même si elle exige de nous des efforts que, de toute façon, il faudra faire un jour ou l’autre. Elle exige des discussions, des négociations, des compromis, parce que nos Histoires sont différentes (la crise des années 20 a profondément marqué l’Histoire de l’Allemagne et des Allemands), mais elle pacifie, elle solidarise, elle dynamise nos relations en dehors des champs de bataille, de la destruction et du totalitarisme. Elle nous tire vers le haut, nous maintient dans le concert des Nations ou plutôt dans le concert des Continents. Cette Europe-là, elle est née pour une grande part dans les tranchées, puis dans les camps, elle est née pour élever l’Homme, pour nous extraire des tranchées et des camps, de nos propres tranchées et de nos propres camps. C’est l’Europe du plus jamais cela. C’est l’Union Européenne des Etats mais surtout des peuples et des Nations. Au-delà des crises, gardons-la comme horizon, comme construction à parachever.

 

Je vous remercie.

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