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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:23

Discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général,

Président de la Communauté de Communes de l'Autunois

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Mesdames, Messieurs,

 

Très exceptionnellement, je vous adresserai ici quelques mots avant de rejoindre Pierre Moscovici et François Hollande à Bercy, à l’invitation de Pierre Moscovici.

 

Ce matin, je me suis recueilli devant le Monument aux Morts de notre Ville, et je me disais que la journée que nous allions vivre serait chargée de symboles forts.

 

Désormais, la famille Corsia se trouve de nouveau rassemblée dans notre souvenir sur la stèle Mécavia puisque Samuel, Georges et Maurice ont leur nom et prénom gravés à côté de ceux de leur père Abraham. Ils sont morts exterminés à Auschwitz en 1944 : ils avaient 23, 19 et 18 ans. Coupables d’être d’origine juive, comme 75.000 Français, dont seulement 2.500 reviendront, marqués à jamais (ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent).

 

Je parle ici devant la stèle en l’honneur de Léon Magnard. Autre famille d’ici, profondément marquée et à laquelle nous devons une reconnaissance infinie pour la perte de Léon et de son fils Jules, tous deux membres du réseau Alliance. Léon est ingénieur des eaux et forêts, organisateur du réseau à Autun. Il mourra sous la torture, sans parler, le 4 novembre 1943. Jules sera déporté et abattu par les Allemands en 1945, juste avant la libération des camps. 66.000 Français seront déportés pour motifs politiques et actes de résistance (ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent). Une pensée ce matin pour un autre grand résistant, Raymond Aubrac, si attaché à notre Saône-et-Loire.

 

Nous leur devons notre reconnaissance, mais mieux encore, nous leur devons d’être dignes de leur courage, de leurs combats. Nous devons exercer notre vigilance.

 

Non, notre génération n’est pas comme les autres : elle sait que cela peut exister ici, au cœur de l’Europe. Elle sait que ce n’est pas un « détail de l’Histoire », mais le cœur même de notre civilisation, de notre République, de notre démocratie, qui est en jeu.

 

160 Autunois ont été déportés, il y a moins d’une vie d’homme, moins de soixante-quinze ans. C’est concret, c’était ici, ce n’est pas seulement dans les livres d’histoire. Et nous savons que le nazisme est arrivé au pouvoir par les urnes, par la voie démocratique, en Allemagne, pays voisin, profitant du terreau de la crise des années 30, des frustrations accumulées. Idéologie de haine, de rejet de l’autre, d’expansionnisme jusqu’à porter l’extermination, l’industrie de la mort humaine, le chaos.

 

Et nous savons aussi qu’en France, Hitler et les nazis ont trouvé des complices, des soutiens, des hommes de main, des collaborateurs zélés, organisant l’ordre nouveau, l’occupation du pays, la déportation, derrière des devises comme Travail, Famille, Patrie. Il s’agissait sans doute de vrai travail, de la vraie famille et de la vraie patrie. Nous savons ce qu’il en était en fait. Nos anciens ont donné, portant le message du « plus jamais ça », et nous sommes reconnaissants à tous ceux qui se sont battus pour que notre pays retrouve l’honneur, la dignité, la liberté, la respectabilité, souhaitant l’organisation de l’Europe d’abord pour éviter les guerres, portant le programme du CNR pour fonder une nouvelle République, nous demandant de rejeter à jamais la bête immonde et ses porteur ou porteuses zélés, nous demandant d’opposer à l’enfermement, au repli, la Liberté, à la théorie du sous-homme l’égalité, à la haine la fraternité. Soyons dignes de leur message. Pour que nous puissions continuer à nous regarder en face dans les yeux, et à dire ensemble « Vive la République et vive la France ».

 

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Published by Rémy REBEYROTTE - dans CEREMONIES COMMEMORATIVES
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