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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 07:33

70ème anniversaire de la Libération d’Autun

- Dimanche 7 septembre 2014 –

 

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Conseiller Général

Président du Grand Autunois Morvan

___________

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

 

Nous commémorons le 70ème anniversaire de la libération de notre cité : Autun, Terre de France, Terre d’Amalgame, Terre d’Europe.

 

Pendant cinq jours, nous avons rappelé les faits, le déroulement, l’importance de ce moment. Il est temps de témoigner notre reconnaissance infinie à ceux qui nous ont permis de recouvrer notre Liberté ; au-delà, de rétablir la République et nos valeurs, dans le sillage des Charles de Gaulle, des Jean Moulin, des Généraux Leclerc et de Lattre et de tous ceux, Soldats, Résistants, FFI, FTP ou Maquisards, à qui on doit tant.

 

Remerciements et reconnaissance :

 

  •  

  • au 2ème Dragons et à son chef, le Colonel Demetz, débarqué en Provence ;
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  • à la 1ère DFL, plus précisément à Autun, au 1er bataillon de la Légion Etrangère, au 1er Régiment des Fusiliers Marins, au 22ème BMNA ;
  •  

     

  • au fameux et vaillant Corps Franc Pommiès,
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  • au Régiment Valmy,
  •  

     

  • à l’ensemble des Maquis locaux : Lucien, Socrate, Marquart, Serge, Maurice.
  •  

 

Reconnaissance, mais aussi devoir de mémoire, transmission aux jeunes générations. Des journées comme celles-ci sont là aussi pour cela. Près de 300 jeunes des collèges et lycées seront destinataires de documents, et le lâcher de ballons, les temps festifs mais aussi pédagogiques, étaient conçus dans ce sens. Mais nous avons conscience qu’il faut faire beaucoup plus. Aujourd’hui, ce n’est pas une fin, mais le début, l’accentuation de ce devoir de mémoire, au moment où la Libération d’Autun quitte l’histoire contemporaine pour rejoindre - le temps fait hélas son office - la grande Histoire, où l’enseignement succède aux témoignages. Le 75ème anniversaire aura en cela un rôle majeur (3/4 de siècle) et nous comptons sur vous, sur vous tous.

 

Reconnaissance, devoir de mémoire et de transmission : c’est insuffisant si nos générations et chacun d’entre nous n’étions pas dignes de l’héritage de ce que vous nous avez confié, de notre Liberté, de la République, de ses couleurs, de ses valeurs, du programme du CNR que l’on retrouve en préambule de notre Constitution, de la construction européenne qui nous permet globalement de vivre en paix sur notre continent, une paix que l’on sent toujours fragile. « Votre génération a non seulement gagné la guerre mais elle a aussi gagné la paix, ce qui est le plus difficile », pour reprendre les mots de Victor Hugo, repris eux-mêmes par Georges Clémenceau. Quoi ? Nous dilapiderions cet héritage si précieux, trahirions votre combat, et cela quelles que soient les difficultés des temps, en donnant le pouvoir et notre Pays, la France, à des nostalgiques de Vichy et du Maréchal Pétain, aux adeptes du « Détail de l’Histoire » quand ils parlent des camps, à ceux qui, au nom de la France, avaient accepté son aliénation, son glissement vers le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, à ceux qui galvaudent ou mangent de l’Europe à tous les repas, fiers d’attiser « les nationalismes et donc les guerres », comme le rappelait François Mitterrand ? Où serait passé le devoir de mémoire ? Et la reconnaissance que nous vous devons serait-elle un lointain passé à oublier ? NON. Les temps sont difficiles, nous nous devons au sursaut, au raffermissement de la République et de ses valeurs. Ici, c’est le travail que portent de nombreux Elus locaux dans leur commune, dans leur intercommunalité, au côté des Préfets et Sous-Préfets successifs. Raffermir notre République, surtout lorsque les temps sont difficiles.

 

Enfin, je voudrais terminer mes propos en citant Paul Cazin et en mettant deux mots en lumière. Paul Cazin, lorsqu’il relatait le 1er anniversaire de la Libération d’Autun :

 

« Le premier anniversaire de notre libération fut la fête de l’Unité française.

Union de toutes les classes sociales et de toutes les catégories d’opinions, groupées dans le respect et l’amour des mêmes saintetés, devant les cénotaphes de nos morts.

Union entre tous les maquis, défilant côte à côte dans une même parade et salués d’un même applaudissement.

Union du peuple de France et de son armée, de l’insurgé et du soldat, des Forces de l’Intérieur et des troupes régulières.

Même l’union du Passé et du Présent, puisque c’était sur les fondements exhumés d’une antique chapelle, perdue au fond des âges et de la terre, qu’allait s’élever le nouveau monument religieux de la Libération, et qu’à côté des jeunes drapeaux, flottait le fanion du 2ème Dragons, merveille de grâce, avec ses broderies d’or sur velours bleu, ses devises latines et son soleil louis-quatorzien. Les époques de notre France se rejoignaient »

.

 

Deux mots : l’Unité, l’Union. Au fond, c’est de cela dont nous avons besoin, conscients que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise, surtout quand l’essentiel est en jeu.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est ce qui a présidé à ces commémorations, tous nos Libérations unis dans nos remerciements et notre reconnaissance, tout le monde combattant, organisateurs et participants, que je remercie, tous unis dans un même élan.

 

L’Union

est la force ; « elle est aussi un combat », comme le rappelait le Général de Gaulle, et déjà un combat sur soi-même.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est le pari réussi de l’Amalgame, de la « grosse affaire d’Autun », comme le rappelait Jean de Lattre de Tassigny auquel nous devons tant. Rhin et Danube, la Première Armée Française, fut l’union de tous les combattants, quelle que soit leur origine.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est la flamme du combattant, la fraternité des armes, la camaraderie quand le froid et l’hiver font rage. L’Union au côté des Soldats d’aujourd’hui engagés au nom de la France sur les nombreux Théâtres d’Opérations Extérieures (TOE), pour les mêmes valeurs que celles de nos Libérateurs.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est l’Europe, l’Europe de la Paix, l’Europe des peuples qui, sans se renier, construisent peu à peu, pas à pas, plus ou moins vite, dans la rigueur des temps, un destin commun pour compter dans le Monde multipolaire d’aujourd’hui.

 

L’Unité, l’Union

 : c’est à cela que je vous engage, que nous devons nous engager pour que, fort de l’héritage de nos Libérateurs, nous puissions fièrement dire et clamer « Vive la France, vive la République, vive la démocratie et les valeurs républicaines, et vive l’Europe ! ».

 

 

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Published by Rémy REBEYROTTE - dans CEREMONIES COMMEMORATIVES
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