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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 16:01
Voici le texte de la conférence de presse organisée jeudi dernier avec l'équipe municipale.

Sur notre territoire, comme partout, l’heure n’est pas à la polémique, l’heure est à se serrer les coudes face à une crise financière et économique qui s’avère redoutable.

 

Rappelons que nous avons toujours en Europe un temps de décalage par rapport aux Etats-Unis et que nos petites villes ont toujours un temps de décalage par rapport aux grandes métropoles.

Rappelons aussi que, si aujourd’hui tous les secteurs ne sont pas touchés, le bâtiment et les travaux publics commencent à sentir une inflexion forte à la baisse de leur activité. Dans ce contexte, j’en appelle à l’union, j’en appelle à nous serrer les coudes.

Je fais une parenthèse : ce qui me frappe aujourd’hui dans la victoire d’Obama aux Etats-Unis, ce n’est pas au fond le fait qu’il incarnerait la victoire d’une minorité mais plutôt qu’il incarne vraiment la victoire du rassemblement, la capacité à passer au-delà des intérêts particuliers, au-delà des intérêts identitaires ou communautaristes, pour en appeler au rassemblement. Il n’y a pas de changement et de profonde mutation sans une capacité à se rassembler.

 

L’heure est donc au rassemblement car, pour nos collectivités locales, la situation n’est pas facile. Nous sommes aujourd’hui dans un flou artistique concernant l’ensemble de nos ressources :


1 - Pour les dotations d’Etat, nous savons d’ores-et-déjà  que les résultats du recensement s’appliqueront dès l’année 2009. Sur les choix que fera l’Etat pour faire évoluer notre Dotation Globale de Fonctionnement (DGF), nous sommes encore dans l‘attente de décisions et nous planchons au mieux sur un maintien de la dotation, au pire sur une diminution de l’ordre de 2 %.

 

2 - Concernant la fiscalité, il est clair que, compte-tenu de la situation et du pouvoir d’achat de nos concitoyens, et du côté très injuste de la fiscalité locale puisqu’elle frappe l’ensemble des ménages sans distinction de revenus, nous ne pourrons pas recourir fortement à une hausse de la fiscalité.

 

3 - Il faut être très prudent sur les subventions en provenance de la Région et du Département, les uns et les autres étant confrontés aux mêmes difficultés que nous. Nous tablons également sur une baisse.

 

4 - Nous savons qu’il sera difficile de recourir à l’emprunt compte-tenu de la crise financière et qu’il y a une menace à la hausse des taux d’intérêts. Il faut savoir que certaines collectivités n’arrivent plus aujourd’hui à emprunter ou ont les pires difficultés pour emprunter sur le marché bancaire.

 

En clair, comme toutes les collectivités aujourd’hui, l’ensemble de nos recettes est fragilisé.

 

Donc, comme je l’avais annoncé dès le mois d’avril, nous sommes en train de rééchelonner nos investissements et de faire des économies importantes sur nous-mêmes, sur nos propres structures, mais aussi sur les subventions que nous verserons à nos partenaires l’an prochain.

 

Toutefois, pour des raisons liées à la crise et à la situation des ménages, il n’y aura pas de diminution de subvention pour les associations ou structures qui œuvrent dans le secteur de l’économie, de l’emploi, de l’éducation, de la formation, dans le secteur social et la rénovation des quartiers d’habitat collectif.

 

Quelles autres solutions pouvons-nous mettre en œuvre dans ce contexte ?

Je crois beaucoup à la mutualisation des moyens et particulièrement à la montée en puissance de l’intercommunalité. Quand les difficultés sont là, il faut savoir, je le disais, serrer les coudes et se mettre ensemble pour agir : d’où la poursuite de la montée en puissance de l’intercommunalité, notamment avec la création du Centre Intercommunal d’Action Sociale, engagée depuis trois ans, pourvu enfin de l’ensemble des compétences pour ne pas doublonner les structures et pour être encore plus efficace. Il est clair que l’ensemble des services et des personnels seront maintenus. Il s’agira même d’améliorer la coordination avec l’ensemble des acteurs et de favoriser l’action sociale.

 

Je rappelle que le CIAS a été créé le 1er janvier 2006 et que des services aussi importants que la crèche ou les repas à domicile ou la résidence du Parc Fleuri sont aujourd’hui gérés par le CIAS. Ils n’ont pas disparu dans le passage entre le CCAS d’Autun et le CIAS. Non seulement, ils n’ont pas disparu mais ils fonctionnent aujourd’hui de manière plus efficace. C’est ce travail que nous sommes en train d’élargir à l’ensemble des aides obligatoires et facultatives en direction des familles, des personnes âgées et des personnes en difficulté.

 

C’est aussi dans ce contexte que nous travaillons aujourd’hui à une mutualisation des services techniques entre la Communauté de Communes et la Ville. Cela se limite à une meilleure coordination entre les services pour, là encore, éviter les doublons et être plus efficace. Il ne faut pas que l’action publique coûte de plus en plus cher sur notre territoire ; il faut au contraire viser à la rendre de plus en plus performante. C’est le meilleur moyen de conserver dans la durée des services publics et des services publics de qualité sur nos territoires. Et je sais l’attachement des Autunois à leurs services publics.

 

Depuis sa création, la Communauté de Communes de l’Autunois a besoin de manière très régulière des services techniques de la Ville d’Autun ; la Ville, de son côté, est de plus en plus en lien avec les services communautaires au plan technique. Il ne faut donc pas doubler nos moyens, ce qui ferait exploser la facture pour le contribuable : il faut mutualiser, mieux coordonner, être encore plus efficace ; c’est le travail qui est engagé aujourd’hui.

 

Et ce travail là, comme celui de rechercher des sources d’économies dans notre propre fonctionnement ou d’échelonner les investissements, il relève de notre responsabilité, de ma responsabilité. Quand les temps sont durs, on ne peut pas se contenter de stigmatiser l’action des autres, ce serait trop facile. Il faut soi-même se mettre en cause, se mettre en mouvement, avancer et préparer l’avenir.


Pour reprendre la célèbre formule de Saint-Exupéry, en l'adaptant aux enjeux de notre territoire, "se rassembler, c'est regarder ensemble dans la même direction". Je demande à chacun de faire ce travail sur lui-même pour préparer l'avenir, notre avenir commun et celui de nos enfants.

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Published by REBEYROTTE - dans vie de la cité
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