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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 14:50

Dimanche 24 avril 2016

 

 

Extraits du discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Président du Grand Autunois Morvan

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Mesdames, Messieurs,

 

Il y a quelques jours, nous étions toute une délégation, Elus, civils et militaires, beaucoup de jeunes, à Verdun, à Douaumont, à Marbotte, dans le Saillant de Saint-Mihiel, au Bois d’Ailly, pour rendre hommage aux Autunois et Morvandiaux qui, il y a cent ans, ont sacrifié leur vie ou une part d’eux-mêmes pour défendre la France.

 

Près de 3.000 jeunes du 29ème RI, basé à Autun, sont morts ou disparus en Meuse, plus de 5.000 furent blessés. A Fleury, devant Douaumont, à Marbotte, nous avons dévoilé des plaques en leur souvenir, témoignant de la persistance de la Mémoire, de notre reconnaissance et de notre attachement aux valeurs qu’ils défendaient. L’Hommage fut sobre, solennel, vibrant d’émotion, y compris pour les jeunes qui, pour beaucoup, découvraient et comprenaient. Le temps de la pédagogie succède et doit succéder au temps de la mémoire.

 

Verdun fut particulièrement émouvant : bataille terrible ; 300.000 morts en 300 jours, 1.000 morts par jour, 60 millions d’obus dont un million pour le seul premier jour du 20 février 1916…

 

Et puis un profond malaise, notamment à Douaumont : comment ne pas admirer le vainqueur de Verdun, le Maréchal Pétain, dont la mémoire est le sujet évident d’éternelles controverses ? Nous devrions admirer Pétain… seulement voilà… ce n’est pas le 17 juin 1940 qui pose problème : pouvait-il en être autrement après la lourde défaite française du printemps 1940 et de l’exode ? Le 10 juillet 1940 et les pleins pouvoirs interrogent déjà davantage. Mais il y eut surtout le 24 octobre 1940, Montoire et l’engagement volontaire dans la Collaboration, faisant des services publics et des forces françaises des suppôts de la Déportation, des rafles, des Lois anti-juifs, organisant, pour le compte et au côté des miliciens et des nazis, Drancy ou le Veld’hiv, l’arrestation des résistants, des opposants, des homosexuels, des juifs ou des tziganes. 141.000 Français furent déportés, 66.000 pour acte de résistance, 7.500 pour leur origine juive, coupable d’être nés. Là, un profond malaise vous prend et fait de Pétain l’Homme du déshonneur, du déshonneur de la France de ces années-là. Et vous comprenez pourquoi il ne put jamais être enterré à Douaumont au côté de ses Hommes. Il eut été préférable pour lui et pour la France que le régime de Vichy n’existe jamais et que Montoire reste une paisible commune du Loir-et-Cher et ne devienne jamais le pire des symboles, et pas un « détail de l’Histoire » version facho.

 

On nous dit à présent que ces mots n’ont plus cours

Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour

Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire

Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare.

 

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter

L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été,

Je twisterais les mots s’il fallait les twister

Pour qu’un jour nos enfants sachent qui vous étiez.

 

A Douaumont, il y eut aussi en 1984, après le Général de Gaulle et Konrad Adenauer, François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, témoignage de l’Europe des peuples, l’Europe des démocraties contre les dictatures, des Droits de l’Homme contre les fascismes, et l’Europe de la Paix en construction, vainqueur du nazisme, porteur du « plus jamais ça » voulu par ceux qui sont revenus des camps et des marches de la Mort. La mort plus forte que la vie. C’est notre message, nos valeurs, notre devoir.

 

Hommage aux Déportés et aux valeurs qu’ils nous ont transmises.

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Published by Rémy REBEYROTTE - dans CEREMONIES COMMEMORATIVES
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