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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 17:59

Discours de Monsieur Rémy REBEYROTTE,

Maire d'Autun, Président du Grand Autunois Morvan

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Mesdames, Messieurs,

Hommage au 29ème R.I.

Remerciements au détachement du 511ème Régiment de Train basé à Auxonne qui a permis le retour en terre autunoise pour quelques jours du drapeau du 29ème R.I.

Merci aux organisateurs de ces cérémonies avec un remerciement particulier au Lycée Militaire d’Autun, aux services de la Ville, à la Maîtrise, au Souvenir Français dont le travail ici est très précieux.

Remerciements pour la présence des élèves (Ecole Chancelier Rolin), des lycéens (Lycée Bonaparte), des Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

11 novembre, enfants,

Levez-vous triomphants,

C’est le jour symbolique, auréolé de gloire

où parmi les tombeaux apparut la Victoire.

11 novembre, ami

Sur le champ endormi

que seul le vent du nord caresse

le long de l’ancien front monte un chant d’allégresse.

Cette poésie, dont la devise était « Croire aux actions et non aux paroles » pour nous rappeler le sacrifice (1.400.000 Français morts au combat, dont 1.600 du 29ème R.I., pour la France, autant de blessés, chaque ville, chaque village, chaque famille endeuillée) - hommage aux Poilus - un pays, un continent exsangue (8 millions de morts au total), un Monde à reconstruire sur nos valeurs universelles : Liberté, Egalité, Fraternité.

« Croire aux actions et non aux paroles ».

La symbolique du 11 novembre :

Je veux ici, avec vous, évoquer un fait parfois méconnu qui donne sans doute au 11 novembre toute sa force, sa signification, sa symbolique dans notre Histoire nationale, à l’aune de ce que nous vivons aujourd’hui ou ce que nous pourrions vivre ; un événement qui démontre combien cette date, cette victoire si chèrement acquise, doit marquer les esprits de toutes les générations : 11 novembre : une de ces très rares dates dont on n’a même pas besoin de préciser l’année, qui claque comme un drapeau que l’on doit dresser au toit de la Nation. Je vais vous parler d’une révolte des jeunes, d’une provocation de la jeunesse, d’un des premiers actes de résistance collective et populaire à l’occupant allemand, à Vichy, alors que Pétain venait à Montoire d’ouvrir les vannes de la Collaboration et des lois antisémites et xénophobes. C’était il y a 75 ans, le 11 novembre 1940.

Les jours précédant le 11 novembre 1940, des tracts ont circulé sous le manteau dans les lycées parisiens, ainsi qu'à la Corpo de Droit, dans le Quartier Latin, appelant à manifester le jour de l'Armistice, à 17 heures 30. Le 10, plusieurs journaux parisiens publient un communiqué de la Préfecture de Police. "Les administrations publiques et les entreprises privées travailleront normalement le 11 novembre. Les cérémonies commémoratives n'auront pas lieu. Aucune démonstration publique ne sera tolérée". Des instructions très fermes ont été transmises aux inspecteurs d'académie et aux chefs d'établissements : les cours ne doivent pas être interrompus. Le 11 novembre, quel 11 novembre ?

Le matin du 11, des inspecteurs de police visitent les lycées parisiens, ne constatant rien d'anormal. Mais, à partir de 16 heures, à la sortie des cours, une majorité de jeunes, mais aussi des enseignants, des parents d'élèves, des anciens combattants, commencent à confluer vers les Champs Elysées, vers la tombe du Soldat inconnu. D'abord silencieuse, la manifestation laisse bientôt échapper des acclamations contre les Allemands, contre Vichy, ou faisant référence au Général de Gaulle qui a lancé son appel quelques mois plutôt. Quelques drapeaux tricolores font leur apparition. L'esplanade de l'Arc de Triomphe est noire de monde – plus de 2500 jeunes – lorsqu'à 18 heures, des coups de feu éclatent. Les Allemands en uniforme circulent à bord de voitures militaires sur les trottoirs et sur la chaussée, pour disperser les manifestants. Certains sont blessés, 150 d'entre eux sont arrêtés, incarcérés à la Santé et au Cherche-Midi. Un miracle : pas de morts.

Mais le 11 novembre 1940, à 17 heures 30, un mouvement irrésistible de refus s'est mis en route … et une incompréhension. Comment le vainqueur de Verdun a-t-il pu se renier au point de juger subversif la commémoration du 11 novembre ? Seulement voilà, le vainqueur de Verdun est devenu entre-temps le signataire de Montoire, quelques jours plus tôt, le 24 octobre, ouvrant le chemin du renoncement et du revirement, du naufrage et de la Collaboration entre l'Etat Français et l’Allemagne nazie où l’Hitlérisme était arrivé au pouvoir en 1933, par les urnes, par l’affaissement de la République, celle de Weimar. N’oublions jamais. Et le 11 novembre, symbole de Victoire sur l'Allemagne, mais aussi symbole des valeurs de la République retrouvée et d'abord de la Liberté, prend tout son sens, toute sa force, inacceptable pour le nouvel ordre et ses zélés collaborateurs.

Il y a 75 ans, nous eûmes été ce matin en résistance, des subversifs rassemblés au Monument aux Morts … et Dieu que la Provocation, la révolte des jeunes fut belle le 11 novembre 1940, parce qu'elle portait un idéal, un acte de résistance à l'oppression : un drapeau pour notre République. Elle avait du sens, elle puisait son sens dans le symbole qu’est devenu le 11 novembre aux yeux de bien des peuples, symbole de Liberté, de Fraternité, d'Egalité, d’un souffle de vie, l’espoir de la victoire. Elle portait le message des Poilus de 14-18, le combat de la génération précédente, les sacrifices encore si présents dans les têtes. A notre tour, n'oublions jamais que nos valeurs républicaines sont le fruit d’un combat, d’une révolte, d’un engagement permanent, que ceux qui, publiquement ou en secret, admirent Vichy ou voudraient s’en inspirer combattront toujours. Ne leur ouvrons pas les portes.

Quant aux commémorations du 11 novembre, elles se poursuivront durant toutes les années d’occupation, sur l’ensemble du territoire, spontanées ou organisées, malgré les risques encourus bien réels, autant de gestes de courage et de défis et de lueurs d’espoir.

Dans nos actes, soyons simplement dignes de ce 11 novembre, de ceux qui ont combattu pour ses valeurs, soyons simplement dignes de notre République et donc des valeurs universelles de notre Pays.

Vive l’Europe, vive la République et vive la France !

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Published by Rémy REBEYROTTE - dans CEREMONIES COMMEMORATIVES
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